Vie locale


  Rapport moral de Les agités du local

2019


PRÉAMBULE

Ce rapport moral ne rentre pas trop dans les clous de ce que doit être un rapport moral. Pour plus d’informations sur le fonctionnement des agités, fonctionnement qui ne bouge pas vraiment, veuillez vous référer aux rapports moraux précédents que vous pourrez trouvez sur le blog www.lesagitésdulocal.fr.

Ici, nous avons voulu vous parler des origines et des changements.

CŒUR DU TEXTE

Chers camarades réunis en petit comité en ce 6 septembre de l’an de grâce 2020, soyez les bienvenus à l’assemblée générale, ordinaire, répétitive, strictement formelle mais toujours conviviale des Agités du local. Et veuillez ouïr avec toute la sollicitude qui vous est donnée le rapport d’activité plus ou moins moral de l’association sus-mentionnée que je me dois de vous délivrer en ce jour saint, en tant que présidente.

Oyez oyez le chapitre n°10 de l’épopée des Agités du local, une épopée qui débuta au seuil de la nuit des temps, un 1er mai 2010, au théâtre de verdure de Belvezet. Cette nuit-là, un bal traditionnel était organisé par un petit groupe d’individus fraîchement organisés qui ne se faisaient pas encore appeler « Les agités ». Des villageois d’ici et de là se joignirent à la fête. La légende raconte qu’un déluge s’abattit sur cette première soirée de concert, et que pendant longtemps, leurs finances en furent grevées, mais pas leur moral, pas leur envie initiale, pas ce désir diffus et communicatif. Ces agités pionniers se relevèrent doucement, et continuèrent cette mission qui les animait souterrainement : organiser du concert et du gros son, populaire, varié et de qualité au fond de leur vallée, à distance acceptable des autoroutes. Pas fous, ils en tirèrent même des leçons : à l’avenir, ils iraient mollo sur la musique trad et l’accordéon pour éviter de froisser derechef les dieux diluviens du cru.

Dix ans plus tard, après des réitérations festives, les agités ont roulé leurs bosses, se sont rôdés, et structurés dans le capharnaüm ambiant. Ils ont acquis des compétences, du matériel, de l’expérience. Ils sont toujours autonomes d’un point de vue technique de scène et mutualisent toujours avec Évolu'son, mais se nourrissent toujours à l’occasion de bouts de ficelles. Ils ont rencontré des alter egos sur le territoire aux alentours de Belvezet, des voisins, des cousins, porteurs eux aussi d’une dynamique culturelle et collective contagieuse : le KPCM, l’Abrix bar, La Bruguière Écologie, le festival du Cinéma Belge, Babart, le rézo des possibles, les Lucettes, etc... j’en passe peut-être.

Dix ans plus tard, leur population a triplé, des doigts d’une main à leur naissance, ils sont passés à 16, tous bénévoles, tous administrateurs, tous manutentionnaires, tous décisionnaires. 9 hommes et 7 femmes (Bienvenue à Morgane, nouvelle agitée de la dernière pluie, volubile et bien aisée). Les agités sont un assemblage hétéroclite d’individus socio-professionnellement un peu mixte, plutôt issus de la classe moyenne, de 30 à 70 ans. La musique et le chien fou sont les catalyseurs de leur communion. Mais la musique surtout, c’est elle le nerf de cette affaire, le caractère commun et dominant, elle marque à l’encre sympathique chacun des membres de cette organisation que ce soit :

Patrick H. et son blues de cuisine élaboré dans la plus pure tradition tunisienne ;

Patrick M. qui de père en fils crache le rythme punk avec sa bouche ;

Sylviane qui ne se lassera donc jamais des compilations nostalgiques et qui est capable de produire avec sa voix des sons si bas que seuls les éléphants pourraient les entendre ;

Valérie, qui en musique aussi, a ses principes (touche pas à Patti Smith, salope) ;

Sabine qui percute vite et savoure à l’envie les rythmes syncopés de tous poils ;

Alex qui tape sur des sourdeaux et que ça lui va bien ;

Cricri et Tristan qui se retrouvent souvent sur les mêmes fréquences ;

Rémi, cette espèce de touche à tout, hyperactif agriculturel ;

Mimi qui fait de la batterie en pyjama quand ça lui chante, et seulement quand ça lui chante ;

Michel qui kiffe gratter la note bleue dans les garages ;

David qui, du gradateur au chais, possède une théorie/pratique tous terrains de l’organisation de concerts ;

Morgane, que je ne connais pas encore très bien, mais que je vais trouver quelque chose ;

Claude, peut-être une des seules agitées à se faire l’avocate de l’accordéon quand celui-ci en prend pour son grade, ce qui arrive plus qu’on ne pourrait le penser ;

Hervé et moi-même qui avons monté l’Institut für Sozialforschung de Belvezet dans lequel les travaux et recherches sur la 3ème oreille vont bon train ;

Il s’agit d’une population disséminée sur le territoire de l’Uzège de Saint Quentin à Uzès en passant par Montaren, Bouquet, Saint Victor et bien entendu BELVEZET, le berceau de l’origine des agités.

Dans le cadre de leur activité festive, les agités n’ont pas de lieu fixe, et depuis deux ans ils sont même devenus nomades. Leurs habitudes ont en effet été un peu bouleversées. Leur présence dans ce milieu naturel de prédilection pour le spectacle, qu’est le théâtre de verdure de Belvezet, l’origine du monde, a été rendu difficile, entre autres, par une poignée de voisins vigilants et protecteurs hystérique du sommeil public, une mairie tâchant mollement de ménager chèvre et choux, et l’impossibilité de trouver un accord entre la gérance privée d’un lieu adoré et les intérêts de l’association.

C’est pourquoi, un peu fatigués par ces sons de cloche, les agités optèrent pour le nomadisme, entre nécessité et liberté. Ainsi en 2019, ils se sont arrêtés à la Bruguière avec La Bruguière Écologie, au cinéma le Capitole d’Uzès avec le réso des possibles, à Saint Quentin la Poterie avec Lucette chez Lucette, à Belvezet (retour aux sources) avec le cinéma belge et la médiathèque et la mairie, à Vallabrix avec l’Abrix Bar et la Mairie, à Garrigues avec la mairie et le KPCM, à Uzès aux Haras nationaux pour des concert bien léchés aux entournures mais quelque peu harassants d’un point de vue logistique.

Un camion écran de cinéma et une tireuse à bière ont été acquis par l’association en 2019 dans cette optique de nomadisme et d’huilage de la tâche.

Ainsi, entre quinze et vingt fois par an (normale saisonnière hors période de virus) vous pouvez observer leurs déplacements, leur caravane de camions, sillonner ponctuellement les routes, pour investir à l’occasion et pour une journée, la place d’un village, sa salle polyvalente, son épicerie et accueillir un public de curieux dans les règles de l’art. Dans un geste de respect paléolithique ils s’installent et repartent sans laisser de trace de leur passage au gré des bons vents, comme à l’aube de l’humanité. Depuis dix ans donc, les agités du local n’ont toujours pas de lieu fixe. Celui-ci, le lieu fixe, le lieu à nous s’apparente plutôt maintenant à un idéal régulateur à la Kant, à un Graal, ou un Wahala, que l’on convoque de temps en temps quand la fatigue nous prend.

Les agités dans l’ensemble craignent la pluie et se nourrissent d’électricité. La vivacité de leur regard, les imperceptibles mouvements de leurs narines trahissent à n’en pas douter, la recherche concentrée et constante de nouveaux lieux propices à accueillir leur activité bruyante et éphémère.

En dehors des manifestations publiques, on raconte que les agités du local se réunissent au moins une fois par mois pour discuter, prendre des décisions et échanger sur le travail des différentes commissions. Ces réunions pourraient s’apparenter pour certains à un gros fatras d’avis et de sujets, magmas de paroles, d’idée et de temps peut-être perdu, un amoncellement de préférences et d’annotations qui entrent seulement par une oreille, un écoulement logorrhéique de questions insolubles, de problèmes non tranchés, dans un effet choral. Mais, l’air de rien, on avance, et parfois on décide. Nous en sommes venus à un moment où nous avons essayer chacun de mettre de l’ordre. Mais le lâcher prise est souvent bon à dégainer en dernier recours.

Il faudrait souligner également que les agités du local sont doués de la faculté de projection : ainsi se peaufine pour l’hiver le projet de la création collective et bricoleuse d’une identité visuelle, nomadisme oblige et que l’on vous sortirait dans la lumière éclatante d’un printemps révolutionnaire et joyeux ; les agités partent à la recherche d’une couleur, d’une signature, d’une mise en lumière de l’espace scénique et d’accueil du public afin d’être mieux identifiés dans ce mouvement perpétuel qui les caractérise désormais. Mais surtout je pense que la vraie raison, c’est que là vraiment on ne ressemble plus à grand-chose et qu’on s’est un peu laissé aller, et qu’on va travailler tout ça.

Autre gros projet plus si évident : continuer notre activité principale : faire des concerts en situation conviviale. Après 5 mois d’arrêt des hostilités pour cause de virus hyperactif, nous sommes parvenus à organiser 3 soirées cet été, dans les conditions que vous pouvez imaginer. On s’est tâté, on est allé voir les copains d’ici et d’ailleurs pour voir comment ils se dépatouillaient, on est resté pendu aux décisions ministérielles et aux arrêtés préfectoraux, on a pesté contre certaines incohérences de la sortie de l’état d’urgence sanitaire, on n’a pas trop goûté les deux poids deux mesures, le fait qu’il soit si difficile pour une association d’organiser un événement culturel dans l’espace public. L’hiver et la bise arrivant, le plein air devenant impraticable, on ne sait pas encore à quoi un concert en intérieur pourrait ressembler, on va faire tout pour vous proposer quelque chose de présentable et désirable, suite au prochain épisode.

Autre projet : notre anniversaire, nos dix ans, notre première décennie, que nous n’avons pu encore fêter dignement. Le projet d’une fête de nos dix ans et plus se construit pour 2021. Une compilation de morceaux issus de certains des artistes accueillis ici accompagnera cet anniversaire. Mais chut, surprise !

Autre projet : les chroniques radiophoniques agitées se poursuivent sur les ondes de R.G.O., Radio Sommières, Radio Système, Radio Fuze.

Merci à nos partenaires institutionnels et à leur soutien financier : le Conseil Départemental et la mairie de Belvezet. Merci aux habitués du bar, aux chapeliers, à ce si bon public, à nos adhérents, à nos donateurs, à nos multiples partenaires. Merci aux artistes de tous poils. Merci à toustes, sans qui nous ne sommes rien.

Je soumets ce rapport d’activités immorales à votre bon jugement, à vos critiques, remarques, questions !

Je rassure certains en précisant qu’une version plus institutionnelle et exhaustive est dans les tuyaux.

Je vous laisse ensuite aux soins de Mimi, Sabine, Patrick et Sylviane qui vous apporteront je l’espère une bonne doses d’informations vraisemblables et chiffrées en complément de mon intervention.

Longue vie aux agités.

Clara Bordarier Présidente des agités du local

 

Mimi fait un bref rapport d'Activité des agités du local en 2019

Le 20 janvier Grise Cornac et Dizzy Brains à Garrigues

Le 3 février Master Class et concert Kirk Joseph à Garrigues

Le 23 mars Tel Quel et I Me Mine à Belvézet

Le 30 mars 4 groupes (tremplin) à Garrigues

Le 9 mai avec le cinéma Le capitole et Le rézo des possibles, Verdée + film « Sound of noise »

Le 8 juin Fuck (Cécile Jarsaillon) et Thomas Helman au Haras

Le 23 juin avec La Bruguière écologie, N'Diaz à la Bruguière

Le 1er juillet avec l'Abrix bar, Bel Oey et Chloé Breault à Vallabrix

Le 8 juillet Bonbon Vaudou au Haras

Le 15 juillet Elisapie au Haras

Le 24 juillet avec le festival du cinéma belge, Van Fritzmool à Belvézet

Le 2 aout Verdée et Maya Kamati à Garrigues

Le 29 aout avec l'Abrix bar, Slim Paul à Vallabrix

Le 24 septembre chez Lucette à St Quentin, Manu Galure

Le 18 octobre Benoit Paradis à Belvézet

Le 23 novembre Gérald Genty et comme dans un film à Belvézet

Le 1 décembre avec La Bruguière écologie, Winston Band à la Bruguière

Soit 17 dates et 26 artistes


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Chroniques pour RGO, Radio sommières, Radio système et Fuze: 37 à ce jour dont 10 en 2019 les sujets sont variés : Pour exemple en 2019 : Les Travelling Wilbury's, le grindcore, le sample ou le tube...

 

Sabine nous informe sur les Adhérents 2019 : 96